Fin 2011, Gratia Ancilla Ndikumana, fondatrice de l’organisation ‘Les Petits Solidaires’, découvrit par le biais d’un ami, que des enfants naissent et grandissent en prison au Burundi. Une révélation qui la laissa choquée et sans voix. Elle raconte…

Cette découverte m’a donnée un sacré coup. J’ai alors passé trois longues nuits à me demander quel genre de vie mènent ces enfants. J’essayais de m’imaginer en quoi peut consister leurs jeux là-bas, dans quelles conditions ils dorment, le genre de repas auxquels ils ont droit… Des larmes coulaient pendant que j’y pensais (Je suis très émotive, surtout quand un enfant est directement concerné).

J’ai alors mobilisé un groupe d’amis, en 2012, pour aller leur rendre visite et me faire déjà une idée du monde dans lequel ils vivent. Ces enfants, tous âges confondus, ne se doutent même pas qu’au-delà de la prison existe un monde vivant qui les entoure. Leur univers se limite aux quatre murs de la prison, leur épanouissement également. Ce sont des enfants très timides, qui n’ont aucune intimité avec leurs mères. Toutes leurs vies sont étalées au grand jour, sur cette grande place qu’est la prison.

Depuis, je me sens un peu responsable de cette situation. Je me dis que si la société burundaise bannissait un tel traitement, la vie de ces enfants serait différente. Je me suis alors mise à faire des recherches pour voir comment ça se passe ailleurs. J’ai appris que tout au plus, le délai de détention d’un enfant qui naît en prison ne peut dépasser six mois. Ces premiers six mois de détention passés avec sa maman sont déterminants pour son épanouissement et sa santé.

Je réfléchissais jour et nuit pour trouver un moyen de contribuer à une vie meilleure pour ces enfants, sachant que je ne pouvais rien faire d’énorme à moi toute seule. M’est alors venue l’idée de créer ‘Les Petits Solidaires’ en 2013.

Des Petits Solidaires aux âmes charitables

J’avais toujours eu l’envie de faire une crèche car j’ai une grande complicité avec les enfants et j’aime les voir jouer ensemble. Mais avec les Petits Solidaires, j’avais là la possibilité de faire d’une pierre deux coups : rassembler les enfants des milieux aisés pour s’amuser ensemble, tout en venant en aide aux enfants démunis. Mon premier objectif était cependant de sensibiliser le milieu extérieur aux conditions des enfants en milieu carcéral.

L’organisation les ‘Petits Solidaires’ privilégie donc le bonheur des enfants. Dans leur joie, les enfants des milieux aisés sont amenés à penser aux enfants qui n’ont rien, sinon peu. Leur épanouissement devient en fait un coup de main donné aux enfants aux conditions peu enviables. Les fêtes organisées dans ce sens poussent ainsi les ‘Petits Solidaires’ au partage et à l’amour du prochain tout en générant des dons destinés aux mères et enfants des prisons.